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Comme après le massacre des journalistes de Charlie Hebdo, comme après les attentats de 2015, comme à chaque fois que nous sommes touchés dans ce qui fonde notre vie en société, l’horreur du terrorisme provoque un sursaut et ouvre un moment qui paraît propice à l’unité nationale. Malheureusement, cette unité est une illusion et nous en apercevons de plus en plus rapidement les limites. Plus les évènements dramatiques se succèdent, moins ce sentiment d’unité persiste. Dès l’émotion passée, chacun reste campé dans sa vision du monde voire l’accentue, les récupérations politiques sont évidentes, peu de citoyens parviennent à se mettre à la place de ceux qui pensent différemment d’eux. Chacun croit être le porteur d’un combat moral, contre le spectre de l’extrême-droite pour les uns, contre la terreur islamiste pour les autres. Ce refus du consensus concerne évidemment les plus radicaux, les extrêmes de tout bord, ceci n’est pas une surprise, mais il imprègne aussi les prises de paroles qui se veulent plus raisonnables, plus équilibrées. Prenez par exemple le discours du Président de la République aux Mureaux ou la démonstration de François Gemenne dans son ouvrage « On a tous un ami noir ». Ce sont des propos argumentés, on peut y adhérer ou les discuter, mais ils sont partiels. Ils privilégient un angle. Ils restent au service d’une vision du monde, d’une idéologie ou d’un objectif politique. Aucun discours  ne parvient aujourd’hui à couvrir un spectre suffisamment large pour générer un véritable consensus propre à bâtir les fondements d’une société laïque, ouverte, tolérante et pacifiée. La situation actuelle appelle donc une rupture, un nouveau pacte républicain. Nous devons admettre que le pacte dont se gargarisent encore nombre de politiciens n’existe plus ; il a disparu, par désuétude ou par mégarde  ; il est battu en brèche par des combats idéologiques dans lesquels les extrêmes excellent et contre lesquels la République ne sait comment lutter.

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