Tribune de Baptiste Perrissin-Fabert.

Un nouveau rapport d’Oxfam sur l’accroissement des inégalités climatiques et sur la responsabilité des riches dans les catastrophes climatiques en cours et à venir a été largement relayé dans la presse généraliste (The Guardian, le Monde du 21 septembre 2020) ainsi que sur les réseaux sociaux. Le message est simple : plus on est riche, plus on émet de CO2. Les 1% seraient même RESPONSABLES du double des émissions de 50% des plus pauvres alors que ce sont en majorité ces mêmes plus pauvres qui subissent le plus les conséquences des changements climatiques. Les militants du climat de bonne foi pensent détenir à travers ces inégalités d’émissions un nouveau motif d’indignation et un coupable commode : les riches et leur mode de vie vorace qui accélèrent les crises sociales et climatiques. Exigeons donc des nantis qu’ils réduisent drastiquement leur empreinte carbone, le climat sera sauvé et justice sera rendue. Le raisonnement est en apparence implacable et incontestable. D’autant plus que lutter contre les inégalités est devenu une priorité largement reconnue et même partagée par de nombreuses élites politiques et économiques progressistes. C’est en effet un combat nécessaire pour la justice sociale, pour la croissance économique et pour la cohésion du pacte social qui sont aujourd’hui profondément menacées par des déséquilibres croissants dans la répartition des richesses.

Mais attention au biais cognitif bien mis en évidence par Maslow : quand on possède comme seul outil un marteau on tend à voir tout problème comme un clou !