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La pandémie de coronavirus est la plus grande crise traversée par nos sociétés depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Elle nous marque tous par l’ampleur des contaminations et du nombre de décès qu’elle entraîne. Des centaines de milliers de personnes sont déjà mortes du virus à travers le monde. Si nous n’avions rien fait, la maladie aurait pu en tuer des dizaines de millions. Cette crise interpelle également par l’ampleur des actions mises en place pour empêcher la propagation du virus. Malgré les impacts sur les libertés individuelles et les conséquences économiques majeurs, des mesures d’une ampleur inédite ont été déployées en un temps record pour contrer la propagation de l’épidémie. 

Comment expliquer que le coronavirus ait suscité une telle mobilisation alors que depuis des décennies, nous peinons à endiguer d’autres facteurs de risque responsables de la mort prématurée de millions de personnes ? Chaque année dans le monde, le tabac tue 8 millions de personnes dont 1 million de fumeurs passifs, l’obésité 5 millions, la pollution de l’air 3 millions, les accidents de la route 1 million. Surtout, le changement climatique, l’effondrement de la biodiversité, les inégalités s’annoncent comme des sources majeures de déstabilisation de nos sociétés. Depuis des décennies, de nombreuses initiatives, publiques et privées, cherchent à transformer progressivement nos économies vers plus de durabilité. L’échec est patent. Les modes de vie occidentaux très consommateurs de ressources perdurent et sont de plus en plus adoptés à travers le monde. Le rythme de déploiement des technologies vertes est beaucoup trop lent pour endiguer les pressions supplémentaires sur l’environnement. Les inégalités sociales se creusent de plus en plus. 

La crise du coronavirus nous invite-t-elle alors à abandonner l’idée que nous pouvons changer progressivement ? On ne compte déjà plus les appels à des transformations radicales de nos sociétés. Mais s’il faut s’engager sur ces chemins, comment réussir à créer une dynamique positive susceptibles de fédérer et d’éviter une montée des tensions voire des conflits ?